Lettres lusitaniennes

19 février 2019

Schizophrénie nationale

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Avez-vous déjà entendu parler de Monsieur F ? Monsieur F est un grand intellectuel français. Il est philosophe et membre de l’Académie française. Une position prestigieuse au sein de l’élite culturelle française et plus précisément parisienne.

Depuis le weekend dernier, on ne parle que de lui dans les médias. Pourquoi ? Parce que Monsieur F a subi des insultes de la part de quelques gilets jaunes, car il est juif. Bien évidemment, on ne peut que condamner ce genre de comportements, car il est un citoyen français, donc il a le droit de vivre en France. En effet, rien n'est pire que d'entendre des remarques du genre "retourne chez toi" et l'antisémitisme n'est pas une opinion, mais un crime. Là, il n'y a pas de doute. Attaquer quelqu’un à cause de ses origines, de sa confession religieuse ou de son orientation sexuelle est un crime. Tout le monde a le droit de vivre en paix et en sécurité et de ne pas être inquiété et molesté à cause de cela.

Cependant, je suis incapable de compatir avec Monsieur F. Je compatis avec la vieille dame juive assassinée par son jeune voisin islamiste, ainsi que le propriétaire du restaurant Bagelstein (et je profite pour applaudir son sens de repartie). Mais pour Monsieur F, là, je ne peux pas. Pourquoi donc ? Parce que tout le monde semble oublier que Monsieur F est un pyromane raciste et machiste de la même trempe qu’Éric Zemmour. Je me souviens encore et toujours de son argument pitoyable de défense de Roman Polanski lors de son procès pour le viol de Samantha Geitner : de toute façon, la jeune femme n'était pas vierge au moment des faits. Voilà, et si on avait violé la maman de Monsieur F ? Pas grave, de toute façon elle n'était pas vierge.  Je me souviens aussi de ses piques envers les jeunes de banlieue, car ils ne sont pas allés à l'enterrement de Johnny Hallyday (juste une pique parmi tant d’autres). Comme quoi, il faut aimer Johnny pour être un bon français. Franchement, Monsieur F, ses "certificats de francité", ses "mauvais points" décernés aux jeunes des cités, il peut les mettre là où il sait. Bien sûr que le fait de le traiter de « sale juif » n’est pas la meilleure façon de combattre ses idées néfastes et cela ne fait pas avancer le schmilblick, mais force est de constater que Monsieur F répand la haine et sème la discorde dans une France déjà très divisée. Sincèrement, comment peut-on soutenir quelqu’un qui affirme que le Rassemblement National est un « parti républicain » ? Par pitié, Monsieur F, arrêtez de prendre les français pour des imbéciles !

Il paraît que, aujourd’hui, il y aura des rassemblements dans toute la France contre l’antisémitisme. Très bien. Mais il ne faut pas compter sur moi pour y participer. Pourquoi ? Parce que tout cela est une mascarade. On s’indigne du fait que les juifs soient inquiétés parce qu’ils portent une kippa, mas dès qu’une femme musulmane décide de porter le voile, les esprits s’enflamment et tout le monde crie au scandale. Comme quoi, il y a un antiracisme à deux vitesses, ainsi qu’une laïcité à géométrie variable. Elle est où l’équité ? Elle est où l’égalité, la sacrosainte égalité qu’on proclame en permanence dans des discours enflammés ? La loi relative au port des signes religieux ne devrait-elle pas s’appliquer à tout le monde ? Là, franchement, on frôle la schizophrénie.

Si on est vraiment antiraciste, on lutte contre toutes sortes de discriminations, d’attaques et d’abus, indépendamment des origines, de la confession religieuse ou de l’orientation sexuelle des victimes. Sinon, c’est le bal des hypocrites.

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11 janvier 2019

Immigration et identité nationale

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Si vous suivez l’actualité récente en France, vous êtes sûrement au courant d’une initiative menée par de très nombreuses communes, qui ont ouvert des cahiers de doléances, afin de permettre aux citoyens de s’exprimer sur ce qui va mal dans le pays.

Je trouve cette initiative très louable. En effet, les citoyens doivent avoir le droit à la parole et pas uniquement lors des élections. J’apprécie l’idée d’une démocratie participative, grâce à laquelle on demande l’avis des citoyens avant l’application de certaines mesures.

Cependant, ce genre d’initiative peut avoir aussi des effets pervers. Pourquoi ? Parce qu’elle peut servir de vitrine à tout genre de revendications qui ne sont pas forcément justes. Dans de très nombreuses communes, les citoyens ont exprimé leur crainte d’une « immigration non contrôlée », qui mènerait à une « perte d’identité », ainsi qu’à une « augmentation des dépenses sociales ». Voilà, encore une fois, l’ « étranger » et l’« immigré » font figure d’épouvantail et sont la source de tous les fantasmes inavouables qui remontent à la surface.

Cela m’amène à poser cette question : Peut-on « perdre » son identité ? Si oui, comment ? Très honnêtement, je n’y crois pas. On ne perd pas l’identité comme on perd un trousseau de clés ou… une carte d’identité. On peut perdre son identité, oui, si on est contraint et forcé de le faire, comme cela a été le cas de nombreuses générations d’immigrés en France, au nom de la sacro-sainte idée de l’« assimilation ». Pourtant, je ne crois pas que les immigrés dénaturent l’« identité » de la France. Pourquoi ? Parce que l’identité n’est pas une chose figée, mais en évolution permanente, que ce soit l’identité de tout un chacun ou celle d’un pays. En ce qui me concerne, j’ai eu plusieurs vies : j’ai été écolière, collégienne, lycéenne, étudiante à l’Université, téléopératrice dans un centre d’appels, chômeuse, enseignante et, maintenant, travailleuse indépendante… j’ai aussi vécu dans deux pays et dans des villes différentes. Pourtant, bien que ces expériences m’aient transformée, je suis toujours moi. Pour la France, c’est pareil : elle a accueilli des peuples différents pendant des siècles et des siècles et ils se sont tous intégrés dans la société française – qui a, évidemment, changé, mais, enfin, la France c’est toujours la France.

Pour ce qui est de l’ « augmentation des dépenses sociales », cela exprime encore une fois le stéréotype de l’ « immigré », de l’ « étranger » qui vit des allocations sociales. Or, que dire des millions d’étrangers qui travaillent, qui cotisent pour la sécurité sociale et qui paient leurs impôts ? Pourquoi personne n’en parle ?

Il est plus que temps d’en finir avec ces fantasmes et avec ce rêve d’une France coupée du reste du monde (ce qui n’a jamais été le cas). Pour vous aider, je vous conseille quelques lectures : L’Histoire mondiale de la France de Patrick Boucheron, qui dépoussière un grand nombre d’idées reçues sur l’histoire de la France et ses rapports avec le reste du monde, et l’écrivain libanais Amin Maalouf, qui traite mieux que personne des questions liées à l’immigration et à l’identité.

Sur ce, puisque j’ai encore le temps, je vous souhaite une excellente année 2019.

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22 décembre 2018

Gare aux apparences!

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Comme certains ont pu lire hier dans les médias portugais en ligne, le mouvement des gilets jaunes a fait des petits au Portugal. Hier, c’était le Jour J, le jour du grand rassemblement des gilets jaunes un peu partout au Portugal.

Que veulent les gilets jaunes portugais ? Ils demandent, entre autres, l’augmentation du smic à 700 euros, des aides pour les microentreprises et les PME (comme la baisse de la TVA et de l’impôt sur les sociétés), la baisse de la TVA sur prix des carburants, ainsi que de l’électricité et de la redevance audiovisuelle, l’augmentation du montant des allocations de chômage et des pensions de retraite, entre autres. Bref, rien que des revendications légitimes.

Cependant, le résultat n’a pas été à la hauteur, car la mobilisation a été faible. Quelles sont les raisons de cet échec ? Beaucoup de portugais en France aiment bien persifler et dire tout le mal qu’ils pensent des portugais au Portugal, les accusant de faiblesse, de passivité et de n’aimer que le foot et faire la fête. Or, les raisons sont plus complexes :

1 – la date : faire des manifestations le vendredi était-il une bonne idée ? Ce n’est pas par hasard que les gilets jaunes manifestent les samedis. En plus, la période de Noël est la moins propice pour organiser une manifestation ;

2 – la présence de membres de mouvements d’extrême-droite : les médias portugais ont mis en avant la présence de membres du PNR, un parti d’extrême-droite. Ceci n’a rien de surprenant, puisque cela a été (et c’est encore) le cas en France. Mais ce détail était suffisant pour refroidir certains esprits, car, pour eux, il était hors de question de défiler avec des fachos.

3 – l’effet d’imitation : beaucoup de portugais au Portugal n’ont pas particulièrement apprécié la manie d’imiter tout ce qui vient de l’étranger. En plus, ils craignaient des actes de violence car, pour eux, les gilets jaunes français sont assimilés à des casseurs.

Donc, voilà, cet échec renforce le stéréotype de la passivité des portugais. Mais est-ce vraiment le cas ? Eh bien, non. Si on analyse l’histoire du Portugal, on verra que les portugais se sont toujours révoltés contre les injustices : prenons, par exemple, la crise de 1383-1385, les révoltes contre la domination espagnole en 1640, les révoltes contre l’occupation du pays par les troupes napoléoniennes, celles de Patuleia et Maria da Fonte vers 1840, entre autres. L’histoire récente a aussi son lot de mobilisations citoyennes. Il y a eu, bien sûr, la Révolution des Œillets, mais aussi beaucoup d’autres : en 1976, le gouvernement voulait construire une centrale nucléaire dans le village de Ferrel, au Nord de Lisbonne. Cependant, les mouvements écologistes et la population en général se sont mobilisés et le gouvernement a dû faire marche arrière. En 1995, le gouvernement voulait construire un barrage à Foz Côa, un endroit où l’on avait découvert des gravures rupestres à ciel ouvert (un cas unique dans le monde). Cependant, il a dû y renoncer face à l’indignation générale. En 1999, il y a eu une marche blanche en faveur de l’indépendance de Timor Oriental. Enfin, plus récemment, il y a eu une grande manifestation contre la Taxe Sociale Unique, forçant le gouvernement dirigé par Pedro Passos Coelho à y renoncer.

Alors, les portugais sont-ils passifs et mollassons ? Gare aux apparences !

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14 décembre 2018

Jamais deux sans trois?

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Si vous avez suivi attentivement l'actualité, vous avez appris que le gouvernement est prêt à faire des concessions et à appliquer des mesures visant à améliorer le pouvoir d'achat et à promouvoir une transition écologique socialement juste.

Cependant, un grand nombre de gilets jaunes n'a pas l'intention de lâcher l'affaire, car certaines mesures présentées par le gouvernement (dont la soi-disant augmentation du smic) sont vues comme des "mesurettes" qui ne changeront rien à la donne. Ils vont, donc, poursuivre leurs manifestations, car, quoi qu'on dise et malgré l'attentat à Strasbourg, la démocratie et le droit de manifester ne peuvent pas être pris en otage par la lutte contre le terrorisme.

Pourtant, j'avoue que, malgré ma solidarité, les gilets jaunes m'inquiètent, car ils exigent la démission de Macron. J'avoue que je suis très déçue par l'action politique du président de la République. Comme beaucoup de gens, je suis choquée par ses attitudes de fils à papa gâté par la vie envers "les gens qui ne sont rien", son mépris de bourgeois envers les plus défavorisés, les traitant de "fainéants", de "gaulois réfractaires" et les enjoignant de "traverser la rue pour trouver du travail". Comme beaucoup de gens, je suis choquée par la suppression de l'ISF et sa transformation en IFI, qui favorise les riches, car on ne taxe pas leur capital, mais uniquement leurs revenus immobiliers. Malgré cela, je ne souhaite pas la démission de Macron.

Pourquoi je ne souhaite pas sa démission? D'abord, cela ne règlera rien. Ensuite, s'il démissionne, qui sera en mesure de le remplacer? Les Socialistes? Leur parti est plus bas que terre. Les Républicains? Ce n'est guère mieux, puisqu'ils sont divisés et leur chef de file affiche des propos démagogiques les uns après les autres, un véritable Concours Lépine de la démagogie. La France Insoumise? Son rôle dans l'opposition est parfait, mais les tendances totalitaires de ses dirigeants me font peur, ainsi que leur sympathie envers Poutine, Maduro et autres despotes. Le Rassemblement National? Beaucoup de français sont prêts à voter pour ce parti. Ils se disent que, après avoir été déçus par la gauche, la droite et La République en marche, ils n'ont plus rien à perdre.

Et là, j'ai peur. Cela risque de repartir de plus belle. En 2002, j'ai vécu le second tour de l'élection présidentielle comme un véritable traumatisme. L'année dernière, rebelotte. Et en 2022, va-t-on remettre cela? Comme dit le proverbe, jamais deux sans trois. Le pire, c'est que beaucoup de portugais et lusodescendants aiment bien Marine Le Pen, car elle "aime les portugais", "déjeune dans un restaurant portugais" à Nanterre et, pire encore, parce que, selon eux, "il y a trop d'étrangers et de migrants".

Qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter cela? Pour ma part, je vais voter en 2022. Puisque j'ai obtenu la nationalité française l'année dernière (après beaucoup d'efforts, y compris financiers), voter est la moindre des choses. Je n'ai jamais vécu sous un régime politique dominé par l'extrême-droite et je ne veux pas savoir ce que cela fait. Donc, en 2022, je vote.

Quoi qu'on dise, le vote est un droit et une arme. Votnns, donc.

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23 novembre 2018

Le jaune est-il la couleur de la révolte?

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Comme tout le monde sait (sauf ceux qui vivent dans leur tour d'ivoire, dans une île déserte ou dans un grotte quelque part dans l'Himalaya), la France s'est à nouveau embrasée contre le gouvernement.

Cependant, ce mouvement de protestation n'a rien à voir avec les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats et les différentes corporations professionnelles ou les partis politiques. Le mouvement des "gilets jaunes" est un mouvement citoyen de nature apolitique, c'est-à-dire non-partisane.

Qui sont les "gilets jaunes"? Ce sont des gens issus des classes populaires et moyennes défavorisées qui vivent dans les milieux périurbains et ruraux, qui ne peuvent pas se passer de la voiture pour se déplacer, faute d'alternatives à la mobilité. Ce sont des gens floués par le discours qui vantait les mérites du Diesel par rapport à l'essence et qui se sentent spoliés par la hausse programmée des taxes sur les carburants, la dernière goutte parmi les mesures mises en place par un système fiscal qui les dépouille. Leur colère est tout à fait légitime, car la transition écologique est nécessaire, mais il faut qu'elle profite à tous. Or, ce n'est pas ce qui se passe : qui peut, en effet, acheter des voitures électriques, s'équiper de panneaux photovoltaïques et se loger dans des appartements à basse consommation d'énergie? Les riches uniquement, pas cette catégorie de la population qui manifeste à juste titre.

Cependant,  je n'adhère qu'à moitié à ce mouvement : certes, la colère des "gilets jaunes" est plus que légitime et justifiée, mais les gens se mobilisent uniquement quand on leur tape sur le portefeuille, car les autres peuvent bien crever... si ça se trouve, ce sont les mêmes qui disent que les fonctionnaires sont des planqués, les profs ont trop de vacances, les chômeurs et les bénéficiaires du RSA sont des assistés, la France accueille trop d'étrangers et les réfugiés veulent profiter du système français. En plus, je trouve déplorable le fait que ces manifestations attirent aussi les intolérants de tous les bords : certains manifestants ont menacé un couple homosexuel, tandis que d'autres ont insulté une femme noire avec des propos du genre "retourne dans ton pays" et d'autres encore ont obligé une femme musulmane à enlever son voile, sans parler d'un groupe de migrants dénoncé aux autorités par des "gilets jaunes". Franchement, c'est quoi ce bordel? Les homos, les étrangers et les musulmans sont-ils responsables? Pourquoi donc?

Cela m'amène à poser la question suivante: ce mouvement va-t-il se pérenniser ou partir en eau de boudin, comme c'était le cas des rassemblements de "Nuit debout"? Cela me rappelle un mouvement citoyen qui a eu lieu au Portugal en 2012, pendant les années noires de la crise. C'était le mouvement du 12 mars, un ancêtre des indignés espagnols. Pourtant, ce mouvement n'a pas abouti à quoi que ce soit, car la colère est un carburant qui s'use vite, mais il faut plus que cela pour faire avancer les choses.

Que faut-il faire pour inscrire ce mouvement dans la durée? Tout d'abord, il faut que les "gilets jaunes" créent une structure légale (associative, citoyennne), avec une véritable base de revendications précises, voire un "carnet de doléances", afin de ne pas partir dans tous les sens et, surtout, se débarasser des éléments nuisibles liés aux mouvements d'extrême-droite et d'extrême-gauche, pour ne pas être récupérés par les partis poilitiques et les syndicats.

La colère est un carburant qui s'use vite. Il faut plus que cela pour lancer la machine et créer une véritable structure citoyenne. Sinon, on vivra dans un climat d'insurrection permanente qui pourra mener au pire.

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Posté par lusitanie à 10:04 - Permalien [#]


22 novembre 2018

"Pourquoi nous détestent-ils là-bas?"

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Souvent, quand je lis des témoignages des portugais en France qui racontent leur séjour au Portugal, ils évoquent des manifestations de mépris, voire de haine, envers eux. On les appelle "français de Alcochete", "avecs" (va-t-on savoir pourquoi!), "franchouillards" et autres "jolis noms".

Au Portugal, on se moque des portugais en France, car ils y arrivent dans de grosses voitures, font construire des maisons extravagantes et parlent le "frantugais".

Là, je prends la défense des portugais en France. En effet, ils ne roulent pas dans des voitures puissantes pour la frime, mais parce qu'on ne peut pas faire de longs voyages dans une citadine. En plus, quand on pense au manque d'un service de transports en commun digne de ce nom dans beaucoup de bourgades et villages, ils n'ont pas le choix que de se déplacer en voiture. Et puis, pour la frime, beaucoup de portugais au Portugal aiment bien en mettre plein la vue...

Pour ce qui est des maisons extravagantes, c'est aux communes d'établir un plan d'aménagement urbain, afin d'éviter ce genre de dérives. Or, lorsqu'on va dans certaines petites villes et bourgades dans le centre du Portugal, on a à peine ce qu'on peut appeler un "centre historique" avec des maisons typiques préservées, des églises et des monuments. Le reste, ce sont des rues et des bâtiments sans aucun charme.

Pour ce qui est du "frantugais", certains portugais en France se mettent à parler le français là-bas pour la frime, mais il ne faut pas oublier combien c'est difficile de jongler avec deux langues à la fois, d'où ce phénomène linguistique très curieux qui s'appelle "frantugais" (que je trouve très marrant). Que dire alors d'un certain type de portugais "urbain" qui saupoudre son discours avec des mots en anglais? Finalement, c'est qui le plus frimeur?

Cependant, en regardant de plus près, je trouve que certaines critiques des portugais là-bas ne sont pas si injustifiées que cela.

En effet, beaucoup de portugais en France nourrissent des préjugés vis-à-vis des portugais au Portugal, en les accusant d'être des flemmards et des paniers percés, vivant à crédit. C'est vrai que certains ont souscrit des crédits à la consommation pour financer le voyage de leurs rêves, mais j'aimerais savoir comment peut-on payer un logement et une voiture sans un crédit... Et ça, ça finit par agacer les portugais au Portugal, qui accusent les portugais en France de ne pas savoir de quoi ils parlent, puisqu'ils n'ont pas subi les effets de la crise.

Pire encore, beaucoup de portugais en France ont une vision totalement déformée du Portugal. Normal, ils y vont le plus souvent en été, lors des fêtes du village, où tout le monde est gentil et heureux. Mais, pendant les autres saisons, la réalité est très, très différente. Essayez de vivre avec un smic de 580 euros et vous verrez combient "la vie est belle" là-bas. Non, le Portugal n'est pas le Paradis Terrestre.

Il y a aussi un autre défaut de certains portugais en France qui agace les portugais au Portugal : beaucoup de portugais en France ne savent absolument rien du Portugal, ne connaissent rien de son histoire, de sa culture, de sa musique, de sa géographie... pour eux, on dirait que le Portugal se résume au village où leurs parents et grands-parents sont nés. On dirait aussi que, à part le foot et la "música pimba", la situation actuelle du pays ne les intéresse guère. Or, maintenant qu'on a internet, il n'y a plus d'excuse pour ne pas essayer de connaître et comprendre le pays de ses parents ou grands-parents.

Mais le pire de tout, ce qui énerve royalement les portugais au Portugal, est le fait que beaucoup de parents portugais en France ne parlent pas la langue avec leurs enfants. Attention, je ne dis pas "enseigner la langue" (car c'est difficile de le faire et les parents ne sont pas forcément doués pour l'enseigner), mais tout simplement parler, afin que leurs enfants puissent s'impregner de la langue familiale, le plus bel héritage à transmettre à ses descendants. Comme tout le monde sait (ou devrait savoir), l'État portugais envoie des instituteurs en France pour que les enfants portugais puissent suivre une scolarité en portugais. Or, que font certains parents? Ils n'inscrivent pas leurs enfants! Parfois, il y a des raisons très valables, comme la distance entre l'école et le lieu de résidence. Pourtant, certains parents présentent des prétextes bidons, comme les séances de sport et le catéchisme, lorsque les cours de portugais ont lieu le mercredi. Et là, tant pis pour l'apprentissage du portugais. Or, pour beaucoup de portugais au Portugal, ce n'est pas la peine de crier sur les toits sa "fierté d'être portugais" alors qu'on ne fait aucun effort pour transmettre la langue aux générations futures.

Voilà où l'on est. Et si on essayait de faire quelque chose pour changer tout cela?

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Posté par lusitanie à 16:04 - Permalien [#]

14 novembre 2018

"Ils sont jaloux de nous!"

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Très souvent, lorsque je lis des discussions et des commentaires sur des groupes ou pages Facebook créés pour et par des portugais en France et des lusodescendants, je trouve souvent ce commentaire relatif aux français : "Ils sont jaloux de nous!"

Ce commentaire est tellement fréquent que je me demande pourquoi les portugais tiennent ce propos... et je vais essayer de savoir si c'est vrai ou pas.

Voilà, comme quoi, les français jalousent les portugais. Oh oui, cool Raoul, quel plaisir, quelle joie! Oui, et pourquoi donc?

Serait-ce à cause de la gastronomie? Au Portugal, le chauvinisme gastronomique est de mise, car on ne peut pas nier que la cuisine portugaise est très riche et variée. Et alors? La cuisine française est aussi variée que la portugaise. Je ne parle pas de la "nouvelle cuisine", mais bel et bien de la cuisine du terroir. Un bon cassoulet, une bonne ratatouille, des saucisses de Toulouse, des calissons d'Aix, la socca niçoise, les cannelés de Bordeaux, le gâteau basque, les treize desserts provençaux, les fougasses, la barre marseillaise (une spécialité chocolatée à se rouler par terre!) et tant d'autres spécialités délicieuses... seriez-vous capables de résister?

Serait-ce à cause du climat? On vend l'image du Portugal comme un "pays ensoleillé" où "il fait bon vivre". Or, ce n'est pas forcément vrai : au Portugal, il neige aussi dans une grande partie du centre du pays. Et quand il pleut, il pleut vraiment. Et quand il fait froid, il fait froid, d'autant plus qu'on se les gèle dans les maisons portugaises, faute d'un système de chauffage décent. Pour ce qui est du climat en France, on a aussi de beaux paysages ensoleillés : il suffit de se rendre en Provence et en Corse. Ou alors dans le littoral aquitain et basque, où l'on trouve des plages et des paysages magnifiques, comme le bassin d'Arcachon et la dune du Pyla (désolée, mais des dunes comme celle du Pyla, il n'y en a pas au Portugal!). Sans parler de la Bretagne, des paysages alpins, entre autres, qui sont aussi magnifiques, malgré le froid.

Ah, cela doit être alors à cause du foot... et oui, la France n'a pas un joueur de la trempe d'un Cristiano Ronaldo. Cela doit être ça... sauf que l'équipe portugaise est partie bredouille lors de la Coupe du monde, alors que l'équipe française est championne. 

Ou alors, c'est à cause du passé historique du Portugal, présenté comme un "pionnier de la mondialisation". Soit. Le Portugal a bel et bien transformé notre vision du monde grâce à l'expansion maritime du 16ème siècle. Et alors? Le "rayonnement français" est aussi important, voire plus, que le passé soi-disant glorieux du Portugal. La France a exporté son savoir-faire, ses savoirs, ses connaissances et son art de vivre. Et oui! C'est un fait que personne ne peut nier. 

À mon avis, beaucoup de portugais en France tiennent ce discours afin de masquer leur complexe d'infériorité. En effet, il y a de quoi, compte tenu des stéréotypes qui leur collent à la peau... cependant, ce complexe de pseudo-supériorité ne sert à rien, à part se masturber intellectuellement. Beaucoup de portugais (et de lusodescendants) en France feraient mieux d'apprendre à valoriser le pays qui a accueili leurs parents en leur donnant l'opportunité d'une vie meilleure (que le Portugal ne leur a pas donné!), au lieu de cracher dans la soupe. Sinon, rien ne les empêche de partir au Portugal et de s'y installer pour de bon.

Pour conclure, le Portugal n'est pas le Paradis terrestre (avec son "fabuleux" smic de 580 €) et la France n'est pas l'Enfer sur terre.

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Posté par lusitanie à 12:07 - Permalien [#]

12 novembre 2018

1918-2018

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Hier, j'ai regardé en direct, sur internet, la cérémonie de l'armistice qui a eu lieu à Paris, sous l'Arc du Triomphe.

C'était une belle cérémonie où un grand nombre de Chefs d'État était présent, notamment le Président de la république portugaise. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Portugal a été un pays belligérant pendant la Guerre de 14-18, ayant lutté aux côtés de la France et du Royaume Uni. Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez faire un tour dans la Somme, afin de visiter le cimetière militaire portugais de Richebourg.

Dans son discours, le Président de la république française a rappelé le contexte international dans lequel on vit et fait l'apologie de la cooopération internationale afin de préserver la paix. Malgré ses propos plus que discutables sur Pétain, il a raison lorsqu'il met en évidence des similitudes entre la situation actuelle en Europe et celle des années 1930, quoi qu'en disent ses détracteurs et que l'on l'aime ou pas en tant que président - en effet, António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, a dit exactement la même chose lors du Forum pour la Paix qui a eu lieu hier, après la cérémonie.

En effet, lorsqu'on voit ce qui se passe en Pologne, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en République Tchèque, en Slovaquie, en Italie, aux États-Unis et au Brésil (pour ne parler que d'eux), il y a de quoi être inquiet. Au Portugal, il ne faut pas croire que la situation est meilleure : en effet, malgré les articles d'une certaine presse progressiste (notamment française), le Portugal n'est pas à l'abri d'une vague populiste. Pour s'en rendre compte, il suffit de lire la presse portugaise, où l'on trouve des articles signés par des chroniqueurs de droite qui se félicitent de l'élection de Bolsonaro au Brésil (fort heureusement, certains chroniqueurs de droite ne l'apprécient pas). Il suffit aussi de lire les commentaires des lecteurs dans les journaux en ligne et les médias portugais : les nostalgiques du dictateur Salazar ne se cachent plus et les discours de haine envers les étrangers et les réfugiés pullulent, sans que les médias fassent un effort de modération des commentaires et, par conséquent, de lutter contre les discours de haine.

Et le pire, c'est l'émergence d'organisations identitaires au Portugal, qui poussent comme des champignons, avec l'aide des organisations identitaires italiennes, comme la Casa Pound, et russes. Quand j'y pense, je tremble. Je tremble parce que, à l'évidence, ces organisations identitaires veulent détruire la démocratie pour laquelle tant de personnes se sont sacrifiées. Ces identitaires savent-ils ce que c'est de vivre dans une dictature? Ont-ils envie de détruire les libertés fondamentales et les droits humains les plus élémentaires au nom d'une soi-disant fierté nationale?

Si rien n'est fait pour lutter contre les inégalités économiques et sociales afin de créer des sociétés plus justes, le monde deviendra un endroit de plus en plus malsain pour vivre, créer et rêver, où la coopération internationale cédera le pas aux égoïsmes nationaux.

Sur ce, prions et essayons de faire quelque chose pour ne pas vivre ce que les Européens ont vécu entre 1914 et 1918.

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05 octobre 2018

Cristiano et les femmes

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Aujourd'hui, je vais parler d'un sujet ultra-sensible pour la fierté nationale au Portugal : je vais parler de Cristiano Ronaldo, notre "sauveur", notre "héros", notre "enfant Jésus". Je préviens d'ores et déjà les fans de foot et les vierges effarouchées amoureuses du joueur : il vaut mieux ne pas lire cet article. Pourquoi? Parce qu'il ne va pas vous plaire.

Il y a neuf ans, notre Cristiano national a connu une jeune femme dans un hôtel à Las Vegas. Cette femme travaillait à l'époque dans cet hôtel et ils y ont fait connaissance lors d'une fête. Ensuite, il l'a invitée à le rejoindre dans sa chambre afin de prendre un bain ensemble dans un jacuzzi. Évidemment, vous me direz que cela aurait naturellement fini par une partie de jambes en l'air. Certes, mais c'est juste là que le bât blesse : cette jeune femme raconte que, pendant qu'elle se changeait pour le rejoindre dans le jacuzzi, il l'aurait violée par pénétration annale. Elle a, par la suite, porté plainte et s'est soumise à une expertise médicale, qui a bien confirmé la présence de lésions dans l'anus. Cependant, les avocats de Cristiano Ronaldo l'ont convaincue de signer un contrat, grâce auquel elle recevrait une somme d'argent assez importante en échange de son silence.

Je vous vois déjà venir. J'imagine déjà vos commentaires sarcastiques et haineux envers cette femme. Pour beaucoup de gens, elle n'avait qu'à ne pas monter dans la chambre de Cristiano Ronaldo. Pour beaucoup d'autres, ce n'est qu'une profiteuse, qui essaie d'atteindre la notoriété grâce à une star comme lui et qui, pire encore, a accepté son argent. Cependant, vous oubliez une chose très importante : après une séance de jacuzzi, cela ne m'aurait pas étonné qu'ils finissent au lit, mais, pour cela, il faut un consentement mutuel. Or, cela ne semble pas avoir été le cas. Ensuite, d'après ce que j'ai pu lire dans quelques médias, la jeune femme, visiblement traumatisée par l'expérience, aurait subi une véritable pression de la part des avocats de Cristiano Ronaldo, qui seraient prêts à détruire sa réputation et à la mettre plus bas que terre. Cela ne m'étonne pas. D'autres critiquent la jeune femme d'en avoir parlé juste maintenant, grâce au mouvement #metoo. Or, ce n'est jamais facile pour une victime de viol d'en parler, car elle sera toujours suspectée de "l'avoir cherché", d'être une menteuse et une manipulatrice - et, par conséquent, jetée en pâture, surtout si elle s'exprime dans les médias et les réseaux sociaux.

Le pire, ce sont les propos de certains journalistes et commentateurs dans les médias portugais, qui frôlent le chauvinisme et la misogynie les plus primaires. Ah non, pas Cristiano Ronaldo! Touche pas à notre Cristiano, notre héros! Et le pire encore, c'est le silence des mouvements féministes portugais. Donc, #metoo ce n'est pas pour tout le monde? Puisque c'est "notre" petit Cristiano, les féministes portugaises ne disent rien?

Et si c'était vrai? Et si Cristiano Ronaldo a violé cette femme? En effet, il a la réputation d'être un véritable coureur de jupons, qui couche à droite et à gauche, bien qu'il semble être actuellement rangé des voitures. Mais voilà, c'est un homme célèbre, donc, ce n'est pas grave, tout lui est permis. Quoi qu'il arrive, ce ne sera jamais de sa faute. On dirait que certaines célébrités - surtout masculines - croient être au dessus des lois et des droits d'autrui. De toute façon, comme tout le monde le sait, une femme (célèbre ou pas) qui a une vie sexuelle plus libre est forcément une trainée, alors qu'un homme (célèbre ou pas) qui couche avec n'importe qui est un exemple de "virilité". 

Je ne sais pas si Cristiano Ronaldo est coupable ou innocent. Mais je ne sais pas non plus si cette femme est une vraie victime ou une manipulatrice, donc je ne vais pas lui jeter des pierres. Laissons la justice faire son travail. C'est à elle de trouver la vérité et de décider en conséquence.

Pour finir, souvenez-vous de ceci : un "non", ce n'est pas un "oui". "Non" c'est "non".

only yes is yes

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01 octobre 2018

Des faits divers

Chère lectrice, cher lecteur, bonjour,

Ce weekend, j'ai lu un article dans un journal portugais en France à propos de la garde à vue d'un dirigeant associatif portugais accusé de travail dissimulé.

D'après l'article, le dirigeant de cette association portugaise organisait des déjeuners, des dîners et des fêtes, en faisant appel à des serveurs et à des artistes sans les déclarer, dont les recettes auraient été détournées dans des comptes bancaires de ce dirigeant associatif. Selon ce journal, ce dirigeant dirige l'association depuis 2012 avec tous les pouvoirs. De plus, l'association ne recevait pas de cotisations de la part de ses adhérents.

Tout cela me rend perplexe. Ayant une petite expérience dans le monde associatif, je ne peux que poser quelques questions : comment peut une association vivre sans les cotisations des adhérents? Quel est le rôle des adhérents? Y avait-il au moins un trésorier? Si les adhérents ne payaient pas leurs cotisations, d'où venait cet argent? De la poche de son dirigeant? Y avait-il des assemblées générales où l'on discutait et votait le budget et le bilan financier?

Évidemment, beaucoup de lecteurs portugais ont pris à partie le journaliste qui a publié l'article. Évidemment, d'autres lecteurs ont ressorti la vieille rengaine du type "si c'était un Arabe ou un pédophile, on n'en parlerait même pas". Évidemment, certains lecteurs ont accusé l'équipe du journal de mentir, à cause d'une soi-disant jalousie envers ce dirigeant associatif, un "brave type" qui "aidait les autres" et "ne faisait de mal à personne" - comme si le fait de ne pas déclarer des salaires et de détourner de l'argent n'était pas si grave que ça! Voilà, puisqu'il est portugais, il faut le soutenir et ceux qui le dénoncent sont des traitres. Voilà où l'on est.

Ce cas est loin d'être unique. Il y a quelque temps, un autre journal portugais en France a publié deux articles relatifs à des portugais dans le colimateur de la justice française : le premier article racontait l'histoire d'une entreprise portugaise dans le BTP qui recrutait directement au Portugal des travailleurs - obligés de travailler pendant plus de 40 heures par semaine avec un salaire "magnifique" de 700 euros par mois - sans déclarer ces embauches à l'URSSAF. Le deuxième article racontait l'histoire de deux portugais, père et fils, qui louaient des appartements à plus de 700 euros par semaine à des prostituées et qui ont, par conséquent, été accusés de proxénétisme - malgré leurs dénégations. J'ai lu aussi des articles (publiés dans les médias portugais et français) sur un accident de la route, en France, qui a tué plusieurs occupants (des travailleurs portugais) d'un véhicule en voyage pour le Portugal. Selon ces articles, les passagers dudit véhicule, un van conduit par un portugais et fourni par d'autres portugais, étaient assis dans des chaises pliantes sans ceinture de sécurité, ce qui est une véritable violation des régles de sécurité routière.

Des fois, j'ai l'impression que certains de mes compatriotes portugais vivent hors sol, dans une sorte de "réalité parallèle" où ils se croient tout permis. Je ne sais pas si ces gens font n'importe quoi par méconnaissance des lois et des règles (ce qui est grave) ou s'ils le font sciemment (ce qui est encore plus grave). On dirait que ces gens croient qu'ils peuvent faire n'importe quoi grâce à la bonne image dont jouissent les portugais en France (si c'est un portugais, "ce n'est pas grave", car "les arabes, eux, ce sont de véritables racailles"). Sauf que la France n'est ni la jungle ni une République bananière.

Quand on vit dans un autre pays, il faut connaître et respecter ses lois. Cela s'appelle tout simplement... "intégration".

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Posté par lusitanie à 10:58 - Permalien [#]